Séminaire 2025-2026


Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la 10e édition des rencontres scientifiques Montpellier-Sherbrooke, qui se tiendront à l’Université de Montpellier du 3 au 5 juin 2026.
Date butoir pour soumettre une proposition de communication : 30 janvier 2026
Notification des résultats d’acceptation ou de refus : 20 février 2026
Dates du colloque : 3 et 4 juin 2026
Dans la réflexion sur le changement linguistique, le cas des périphrases verbales fait figure d’exemple prototypique. Meillet fait ainsi de la formation du futur en français par la périphrase infinitif + habeo l’illustration par excellence de la « grammaticalisation », « changement d’un mot en élément grammatical » ([1912] 1921, 133 et 139). Traditionnellement définies comme des « locutions formées d’un verbe, en général à un mode personnel, dont le sens propre est plus ou moins effacé, et d’une forme nominale, participe ou infinitif, d’un autre verbe qui, lui, a gardé tout son sens » (Gougenheim, 1929, I), les périphrases verbales occupent une place importante dans l’étude de la langue française, à la croisée de la morphosyntaxe, de la sémantique et de la diachronie. Comme le montrent Gosselin (2021) et Gosselin et Bertin (2022), ces constructions posent des questions fondamentales sur la frontière entre lexique et grammaire, ainsi que sur les mécanismes de structuration du temps, de l’aspect, de la modalité et de la diathèse. La délimitation de ce domaine pose un certain nombre d’enjeux, qui invitent à repenser la classification des constructions verbales et à interroger la stabilité même des catégories grammaticales.
Longtemps menée dans une perspective philologique, fondée, en linguistique française, par Gougenheim, la recherche sur les périphrases verbales bénéficie aujourd’hui largement des apports des théories de la grammaticalisation (Heine 1993 ; Hopper & Traugott 2003 ; Kronning 2003) ou de la constructionnalisation (Traugott & Trousdale 2013), et des approches relevant des grammaires fonctionnelles (François 2003 ; Gosselin 2021, 98 et sq.). Ces travaux fournissent un cadre d’analyse pour cerner la transition progressive de verbes dits « pleins » vers des marqueurs grammaticaux, ainsi que la variation des degrés d’auxiliarité.
Au-delà des questions théoriques ayant trait à la catégorisation des périphrases et leur place au sein du système verbal, le colloque sera l’occasion d’aborder plusieurs axes thématiques, dont l’étude des phénomènes diachroniques aussi bien en termes d’innovation que d’obsolescence, l’analyse de la variation diatopique et diastratique dans les usages, le croisement de ces perspectives (Dostie 2021, 2025), ainsi que la caractérisation des constructions périphrastiques du français dans une perspective typologique et contrastive. Seront également à l’étude les problématiques relatives aux contraintes lexico-grammaticalesooney 2020) et aux variations inter-linguales qui pèsent sur l’acquisition des périphrases verbales en français dans les contextes multilingues (Bassano et al. 2004).
Les communications proposées pourront concerner en particulier :
Bassano, D., Maillochon, I., Korecky-Kröll, K., Van Dijk, M., Laaha, S., Dressler, W. U., & Van Geert, P. (2011). A comparative and dynamic approach to the development of determiner use in three children acquiring different languages. First Language, 31(3), 253-279.
Dostie, G. (2021), « Être à INF et l’expression de l’aspect progressif en français québécois au fil du temps (XIXe siècle-XXIe siècle) », Linx, 82 [En ligne].
Dostie, G. (2025). « La périphrase à visée prospective être pour INFINITIF en français (québécois) parlé dans le temps et l’espace. C’est ce que j’étais pour dire », Études diachroniques, vol. 3, p. 145-169.
Gosselin, L. (2021). Aspect et formes verbales en français. Paris, Classiques Garnier.
Gosselin, L. et Bertin, T. (2022). Les périphrases verbales : de la morphosyntaxe à la sémantique. Présentation. Langue française, 213(1), 9-22.
Gougenheim, G. (1929). Étude sur les périphrases verbales de la langue française. Paris: Les Belles Lettres.
François, J. (2003). La prédication verbale et les cadres prédicatifs. Louvain: Peeters.
Heine, B. (ed.) (1993). Auxiliaries: cognitive forces and grammaticalization. New York: Oxford University Press.
Hopper, P. J. & Traugott, E. C. (2003). Grammaticalization. 2e édition. Cambridge University Press.
Kronning, H. (2003). Auxiliarité, énonciation et rhématicité. Cahiers Chronos, 11, 231–249.
Meillet, A. (1921 [1912]). L’évolution des formes grammaticales. Linguistique historique et linguistique française, vol. 1. Paris : Champion. 130-148.
Mooney, D. (2020). Future temporal reference in French and Gascon: aller/anar+ infinitive periphrasis and structural transfer in the bilingual grammar. dans: Variation and Change in Gallo-Romance Grammar. Oxford University Press, 341-365.
Traugott, E. C. & Trousdale, G. (2013). Constructionalization and constructional changes. Oxford: Oxford University Press.
Bonjour à toutes et à tous,
La journée des doctorants aura lieu le 16 février 2026.
Nous espérons vous y voir nombreux !
Cette journée sera l’occasion pour les doctorants de présenter leurs travaux, mais aussi d’échanger avec d’anciens doctorants et avec les membres du laboratoire.
Cette rencontre se veut avant tout interactive et bienveillante, afin de permettre de vrais échanges : discussions libres, questions, retours d’expérience, conseils pratiques. Votre regard et votre expérience seraient particulièrement précieux pour nous, nouvelle génération de chercheurs, afin de mieux appréhender les enjeux de la recherche et les perspectives de notre parcours doctoral.
L’objectif est de partager un moment d’échange scientifique, tout en renforçant le lien entre doctorants et chercheurs confirmés.
Un repas est prévu le midi. Merci d’indiquer votre présence par retour de mail (avant le 30 janvier) afin de nous permettre d’anticiper les commandes.
Au plaisir de vous retrouver à cette occasion!
Le 6ème colloque européen de l’association International Association for Forensic and Legal Linguistics (IAFLL 2026) se tiendra à l’Université Paul-Valéry Montpellier, sur le site Saint-Charles, du lundi 22 au jeudi 25 juin 2026.
Le thème de la conférence est : « Langue, pouvoir, justice : enjeux contemporains en linguistique juridique et forensique ».
Vous pouvez lire l’argumentaire via le lien suivant : https://iafll2026.sciencesconf.org/resource/page/id/4
Nous vous invitons à soumettre vos propositions pour une présentation ou un poster en lien avec la linguistique forensique et juridique. Nous proposons les thématiques suivantes sans s’y limiter :
> Droits linguistiques et régulation juridique du discours : Protection des droits linguistiques fondamentaux, politiques linguistiques publiques, encadrement juridique des discours de haine et de la désinformation.
> Langue et droit : Genres juridiques ; Approches critiques des langues juridiques ; Formation linguistique pour les professionnels du droit ; Multilinguisme et droit ; Intelligibilité des discours juridiques ; Evolution des discours juridiques
> Communication institutionnelle dans l’appareil judiciaire : Discours et interactions dans les tribunaux, commissariats et établissements pénitentiaires ; Techniques d’entretien et d’interrogatoire dans le cadre des enquêtes judiciaires ; Interprétation et traduction dans les procédures juridiques ; Barrières linguistiques dans le système judiciaire ; Vulnérabilité face à l’institution judiciaire ; Droits et protection des minorités linguistiques dans leurs interactions avec la justice
> Expertise linguistique judiciaire : Identification vocale et textuelle, Analyse stylistique et d’attribution d’auteur, Détermination du sens, détection de plagiat, Litiges de propriété intellectuelle et investigation de fraudes.
Les résumés de 300 mots maximum, références incluses, doivent être envoyés via https://iafll2026.sciencesconf.org/submission/submit?lang=en avant le 30 novembre 2025 5 décembre 2025.
Les communications se verront allouer 20 minutes pour la présentation et 10 minutes pour les questions. Les résumés peuvent être soumis en français ou en anglais.
Suite à la journée « Livres audio » du 27/9/2024 dédiée aux pratiques professionnelles et réceptions des publics retrouvez le meilleur des rencontres de cette journée en podcast, avec cet épisode intitulé « Lire avec les oreilles »:
Journée d’étude organisée à la médiathèque Émile Zola le vendredi 27 septembre 2024 par l’Université de Montpellier Paul-Valéry (UPVM) avec le soutien de de la Maison des Sciences de l’Homme SUD et de l’Institut universitaire de France.
Le bégaiement est un trouble de la fluence qui touche environ 1 % des
adultes et se manifeste par des blocages, répétitions et/ou
prolongations de sons dus à une perte de contrôle des muscles de la
parole. Ce trouble s’accompagne de mouvements involontaires comme des
clignements des yeux ou des crispations du visage. Sa prise en charge
repose sur l’orthophonie, mais l’évaluation des disfluences est complexe
et chronophage. Des outils basés sur l’intelligence artificielle tentent
d’automatiser la détection des accidents de parole liés au bégaiement en
analysant le signal audio. Toutefois, ces modèles rencontrent des
limites, notamment en raison du manque de données annotées et de la
grande variabilité du bégaiement entre individus. Pour améliorer la
précision, notre projet propose d’exploiter aussi l’image vidéo afin de
détecter les indices visuels associés aux disfluences. L’analyse
combinée du son et de la vidéo pourrait permettre d’affiner le
diagnostic et d’aider les professionnels de santé à mieux prendre en
charge le bégaiement.
Porteure : Ivana Didirkova
INNOVART est une structure de recherche et d’innovation sur les
dispositifs de formation aux pratiques
artistiques inclusives. Les personnes en situation de handicap n’ont
actuellement qu’un accès restreint aux
formations artistiques. Les recherches restant encore à ce jour
dispersées en ce qui concerne les dispositifs de
formation aux métiers artistiques à mettre en place pour les personnes
rencontrant des difficultés
d’apprentissage, INNOVART propose de combler ce manque en associant
chercheurs, enseignants, responsables
d’écoles et de conservatoire et artistes en situation de handicap ou
non, apprenants et aidants, pour mener une
réflexion interdisciplinaire sur les agencements de formation inclusifs
et pleinement participatifs aux métiers de
la scène.
Porteure : Maud Verdier
